Confinement et transition numérique

Journal d’une formatrice confinée et d’apprentis technophiles du numérique

Quand l’annonce du confinement a été prononcée, la question s’est posée du maintien des formations à destination des groupes en situation d’illettrisme numérique. Au cours de la journée du 16 mars, plusieurs formateurs et formatrices ont travaillé pour élaborer de nouveaux parcours accessibles aux stagiaires inscrits dans une formation dédiée à la maitrise des TIC.

Mardi 31 mars s’achevait en distanciel une formation (normalement prévue en présentiel) avec un groupe d’apprenants assidus, connectés et producteurs de ressources numériques.

Je garderai en mémoire le déroulé d’une dernière journée de formation, réalisée avec ce groupe qui débutait leur parcours, ne sachant pas vraiment ce qu’il deviendrait en fin de formation…

La classe virtuelle a démarré à 8h00. Les apprenants rejoignent sans hésitation et sans difficulté la salle de visioconférence créée avec l’outil Whereby. Certains savent se connecter avec leurs ordinateurs et d’autres avec des smartphones. Michel, un des stagiaires m’explique qu’il a trouvé la solution par lui-même pour résoudre son problème de caméra.  

Nous avons démarré par des consignes et des tutoriels publiés dans un support collaboratif avec l’outil Padlet. Les stagiaires travaillent en autonomie sur la création d’un formulaire de 9h30 à 10h30.

De 10h30 à 12h00 : Une deuxième classe virtuelle est organisée sur les agendas partagés. L’objectif est de les familiariser avec l’usage de plannings dématérialisés.  

A 13h00, des stagiaires discutent seuls dans la salle virtuelle. La formation reprend. Je souris car ils sont devenus autonomes dans l’usage de la solution de visioconférence. 

13h00 à 14h00 : Un exercice est demandé : Créer leur planning de formation à l’aide d’un agenda numérique, soit avec outlook, soit avec google agenda.

14h00 : Une 3ème classe virtuelle est proposée pour apprendre à créer de courtes vidéos avec Adobe Spark. Nadia réalise son premier cv vidéo. David, michel réalisent une vidéo souvenir sur leur formation. Laetitia crée une vidéo pour présenter ses prestations en œnologie.

17hO0 : La formation se termine par un bilan. Chacun s’exprime avec ses propres mots sur ce qu’ils auront appris, sur ce qu’ils savent aujourd’hui faire en mode télétravail.

Pour moi, le confinement aura été un accélérateur dans l’acquisition de compétences numériques et dans la capacité de «télétravailler». Hier, ils étaient des novices du numérique. En quelques semaines, certains sont devenus des technophilesd’autres des apprentis du numérique capables d’agir en situation et par eux-mêmes. 

France Numérique publie nos vidéos sur l’illettrisme numérique

5 de nos vidéos d’animation pour comprendre les bénéfices du numérique au quotidien ont été publiées sur le site de France numérique.

Source : France Numérique

Cette spécialiste de la transformation numérique des organisations considère que toute entreprise est une entité apprenante et qu’il importe de former les collaborateurs des sociétés en situation de travail.”

Merci à Jean-Luc Raymond  de cette sympathique publication 🙂

Playlist : Lutter contre l’illettrisme numérique

Selon l’Insee, il existe toujours de nombreuses personnes qui ne sont pas équipées ou n’ont pas les compétences nécessaires pour être à l’aise devant un clavier et un écran. A l’ère du numérique et des nombreuses publications sur l’intelligence artificielle…presque une personne sur 7 (15%) « n’a pas utilisé internet au cours d’une année ».

En 2019, l’illectronisme concernait encore 17% de la population. Si l’on rajoute les 2% de Français qui ne sont dotés d’aucune des compétences de base numérique : la recherche d’information, la communication, l’utilisation de logiciels et la résolution de problèmes. En clair, un Français sur six est frappé d’illettrisme numérique.

L’agence Grain’s intervient en partenariat avec l’ANPEP à Apt sur des ateliers pratiques sur les compétences numériques : messagerie électronique, recherche qualifiée sur le web, RGPD et self data, communication numérique et visioconférence, télétravail et collaboration à distance.

Playlist Illettrisme numérique

Pour acculturer vos collaborateurs au numérique, l’agence propose également un atelier sur les fondamentaux du web.

Ne pas avoir honte de parler d’illettrisme numérique…

Généralement, on peut mesurer la défiance du numérique aux nombres d’objections : manque d’humain, piratage de données, fake news, Facebook, surveillance etc. Dans certains cas, cette défiance conduit à un refus d’apprendre et peut engendrer un déficit de compétences clefs ou de savoirs de base comme l’utilisation des moteurs de recherches ou des messageries internet. Ces incapacités sont définies comme étant une forme d’illettrisme sur le plan numérique.

Le coin numérique

L’illettrisme numérique (illectronisme) est la difficulté, voire l’incapacité, que rencontre une personne à utiliser les appareils numériques et les outils informatiques en raison d’un manque ou d’une absence totale de connaissances à propos de leur fonctionnement.

En 2019, cet illettrisme concernait 2% de Français qui ne sont dotés d’aucune des compétences de base numérique. (source : article des Echos 30/10/2019)

Aujourd’hui, non seulement nous devons maîtriser des équipements numériques (ordinateur, smartphone, écrans digitaux) mais aussi de nouveaux codes culturels et un nouveau rapport au temps et à l’espace (messagerie instantanée, “adresse” email, télétravail…).

Au cours des vingt dernières années, les entreprises ont tenté de développer des stratégies appelées “transition ou transformation numérique” à travers des actions de formation sur les Technologies de l’Information et de la Communication (intitulées encore NTIC dans certaines organisations). Malheureusement, ces plans d’accompagnement au changement omettent d’apprendre comment ces outils ont impacté notre propre culture (relation au travail, rôle du citoyen, relation aux institutions, modes de consommation, nouveaux langages etc.). 

Plus largement, cette inhabilité atteste une incapacité à s’adapter à notre société devenue numérique. Sans cette acculturation numérique, le collaborateur rencontre des difficultés à évoluer au sein de sa société (employabilité). Il subit sans vouloir comprendre, les signaux faibles et forts liés à son activité professionnelle (évolution permanente des routines de travail ou des changements organisationnels). Sans cette maîtrise de la littératie numérique, les individus cultivent des stéréotypes et des théories du complot : je ne veux pas être surveillé, je ne veux pas être piraté, les robots vont nous diriger etc…

Pour l’agence Grain’s créateur de connaissances, s’acculturer au numérique dans sa vie professionnelle et dans sa vie personnelle n’est plus une option mais une nécessité pour mieux comprendre comment sa propre culture évolue.

Selon notre expérience,  l’acculturation passe par une prise de conscience des enjeux du numérique liés à la citoyenneté et à l’employabilité. En 2020, le développement de la culture numérique doit devenir une priorité partagée au sein des organisations.

A l’ère du numérique, l’individu reste responsable de sa propre évolution.

*Pour accompagner les organisations et leurs collaborateurs à acquérir une culture, des compétences et une citoyenneté numérique, l’agence Grain’s Créateur de connaissances propose un atelier intéractif et opérationnel.