Les méthodes agiles, ça s’apprend en situation de travail…

Des développeurs web apprennent les méthodes agiles

14 octobre 2019 : 14 développeurs web PHP, en formation avec l’ANPEP à Cavaillon sont réunis pour apprendre les méthodes agiles en développement web.

La Métallerie de amandiers, entreprise artisanale spécialisée dans la Ferronerie d’art a souhaité participer à cette formation, en proposant aux participants 3 projets web à réaliser en moins de 4 jours.

Au cours de la première journée, les équipes se sont organisées autour des projets en travaillant sur les 1ères users stories, l’identification des utilisateurs et les fonctionnalités à coder.

Pour les développeurs web, l’exercice est difficile car cela implique plusieurs changements dans leurs pratiques professionnelles : 

-Les méthodes agiles demandent de se mettre à place de l’utilisateur

-Le fonctionnement des équipes implique une écoute active et un dialogue ouvert.

-Et la gestion du projet conduit à voir le métier de développeur web, en mode collaboratif.

Après deux journées intensives sur les fonctionnalités, les équipes ont réussi à présenter des maquettes intéractives, rapidement déployables par la responsable de l’entreprise, en charge de l’administration de son site web.

Conduite du changement : Faire naître une équipe pour oser innover et co-créer

3 juillet 2019, des agents volontaires sont réunis dans une salle de formation pour apprendre l’art de la facilitation. La Direction Générale de la collectivité présente la particularité du stage de formation, organisé dans l’objectif de préparer un séminaire dédié au nouveau projet de territoire réunissant 300 agents cadres issus de 32 communes fédérées. 

Les personnes inscrites à cette formation ont pris l’initiative de s’engager dans un projet temporaire et collectif : Animer le futur séminaire et proposer à leurs pairs d’apprendre à “travailler ensemble” au cours d’une journée.  

Pour la collectivité et les agents, l’expérience est nouvelle : former à la facilitation des agents issus de structures différentes dans un objectif précis et concret. 

Au cours de ce stage, l’agence Grain’s a accompagné les 18 agents dans la préparation de ce séminaire et dans l’expérimentation de techniques d’animation. 

Au cours des deux premières journées, les agents ont appris à se connaître tout en construisant les différents temps forts du séminaire. A partir d’une feuille de route transmise par un autre groupe de travail, les agents volontaires ont donné du sens aux enjeux énoncés “ travailler ensemble dans le cadre du nouveau projet de territoire” en sortant du cadre des traditionnelles tables rondes et des classiques échanges de bonnes pratiques… 

Pour le groupe de facilitateurs, l’objectif est d’envisager ce séminaire comme un temps de travail collectif et productif à grande échelle et de rendre “utile” des échanges avec leurs pairs. Les agents sont moins susceptibles de résister au changement quand ils ont participé à sa création. Ce sera l’objectif clef de ce séminaire.

4 Juillet 2019, l’ambiance est devenue conviviale.  Le groupe d’agents se retrouve après une première journée ressentie comme dense. L’enjeu de la journée est de s’approprier les thématiques du séminaire portant sur la collaboration, la solidarité entre les collectivités, l’innovation et la circulation de l’information pour identifier les modes d’animation qui seront utilisés le jour J. 

Une consigne est transmise au groupe : travailler en mode “Prototype”. Les agents choisissent le thème de l’atelier et s’organise en équipe de travail pour réfléchir aux animations. L’objectif est d’utiliser des petites scénettes pour visualiser les temps de l’atelier et les différentes activités.  

12 septembre 2019 : Une dernière journée pour finaliser et prendre ses marques avant le jour J. Le groupe est réuni devant le lieu du séminaire pour une répétition générale. Tout le monde rit, plaisante sur l’absence de cafés pour se réveiller. Quelques membres s’expriment sur leurs émotions et le plaisir de se revoir. Le groupe est bienveillant et s’investit dans la préparation. 

Fin de journée, le groupe se rejoint dans la salle de la collectivité pour finaliser les dernières phases du séminaire. Les agents se questionnent sur le devenir de leur équipe et sur les opportunités de travailler ensemble de nouveau. 

Une équipe est née pour oser innover en toute autonomie sur un sujet qui les concerne en tant qu’agents et salariés des collectivités nouvellement fédérées autour de ce nouveau projet de territoire.

Pouvoir de décisions et organisation apprenante : les bonnes intentions…

Au cours des quatre dernières années, l’agence Grain’s créateur de connaissances a souvent été sollicitée sur la question de l’autonomie des collaborateurs dans les projets et la prise de décision. 

Depuis 2014, nous animons des ateliers collaboratifs sur différents sujets et au sein d’organisations publiques et privées. Et la question revient très régulièrement : Quelle est notre autonomie dans la prise de décisions ? 

Dans ce cadre, l’agence s’appuie sur une grille d’évaluation permettant de visualiser les différents niveaux d’autonomie. (voir-ci-dessous).

Malgré les bonnes intentions de certaines organisations à vouloir avancer sur le modèle de la co-création, nombreuses sont celles qui restent sur l’avant dernière marche c’est à dire sur la consultation interne :  Des groupes de travail émettent des recommandations sur le sujet à traiter et le niveau supérieur (CODIR ou managers) prennent la décision finale. La raison évoquée est la capacité des collaborateurs à prendre les bonnes décisions.

Dans un récent article d’Harvard business review “Réussir l’exécution de sa stratégie”, des recherches ont  démontré que la délégation de la responsabilité opérationnelle, c’est à dire de la prise de décisions au plus bas niveau de l’entreprise pouvait engager les dirigeants à se concentrer davantage sur des problématiques stratégiques. En effet, certaines décisions importent plus que d’autres. Dans les décisions génératrices de valeur, une partie d’entre elles sont stratégiques et d’autres sont opérationnelles et essentielles à la mise en oeuvre. D’ailleurs, une bonne prise décision ne s’arrête pas à la décision elle-même, mais s’étend à sa faisabilité et à sa mise en oeuvre. 

Le pas vers la co-création est un exercice difficile et il n’est pas anodin pour l’organisation. Lors de la mise en place d’un projet de “co-création” au sein d’une organisation bâtie sur le modèle fonctionnel, la question de prise de décision peut rapidement remettre en question le pouvoir décisionnel managérial à la fois au niveau stratégique et au niveau opérationnel.

Pour ce faire, un premier travail nécessite d’aborder les modèles mentaux (règles tacites, croyances, freins au changement, routines culturelles) à tous les niveaux de l’entreprise et en priorité avec les niveaux décisionnaires : 

– Sur la capacité de l’organisation à définir des rôles décisionnaires en dehors de l’organigramme,

– Sur la capacité des managers à adhérer aux principes d’expérimentation et de co-création,

-Sur la capacité des collaborateurs à agir en toute autonomie et à développer une responsabilité opérationnelle.

Selon l’agence, ce préalable dans les projets collaboratifs dits de co-création conditionne les capacités à évoluer vers le modèle de l’organisation apprenante. Ce premier travail détermine la capacité de l’organisation et de ses membres à prendre conscience des schémas mentaux et des freins à la mise en oeuvre de cette bonne intention.