Pensée systémique : Ce n’est pas si compliqué…

Au quotidien, nous sommes confrontés à des phénomènes complexes. Pour les analyser, la pensée systémique est une méthode de raisonnement efficace pour les appréhender. Le raisonnement systémique s’appuie sur les faits réels et considère les éléments dans leur globalité.

Ce mode de pensée est un des leviers pour devenir une organisation apprenante.

A quoi sert la pensée systémique ?

La pensée systémique est très efficace pour comprendre la complexité des organisations. Elle permet de visualiser les interdépendances, les échanges entre les différents sous-systèmes et les différentes entités, les cycles qui s’y produisent. Elle identifie les phénomènes de croissance, d’évolution ou encore de rupture.

La pensée systémique permet de prendre conscience que nous faisons partie du problème et de déterminer les leviers permettant d’accompagner les changements structurels ou conjoncturels.

Pourquoi utiliser ce mode de raisonnement ?

Il peut être utile pour :

-Repérer les interdépendances et les interrelations entre les différentes composantes d’un problème complexe.

-Identifier les effets d’amplification, de régulation et de retard dans les prises de décision.

-Considérer les problèmes et leurs solutions comme des situations de travail dynamiques. Une solution peut changer la nature du problème.

-Dépasser les croyances sur le droit à l’erreur en testant des hypothèses de travail et comprendre leurs effets

-Etudier les problèmes en profondeur.

-Découvrir les réelles causes des comportements, notamment de résistance au changement. Certaines croyances dans les entreprises ne sont pas identifiées et créent une inertie et une peur au changement.

-Prendre conscience que l’individu est partie prenante du problème

La pensée systémique de Peter Senge, Père des organisations apprenantes

La pensée systémique de Peter Senge est l’une des 5 disciplines. Senge détermine que la pensée systémique est un des leviers pour devenir des organisations capables d’apprendre et de réaliser leurs plus grandes ambitions.

Selon ce spécialiste en sciences des organisations, la pensée systémique « system thinking » permet d’analyser les patterns, les routines, les automatismes internes et de comprendre comment agir pour les changer.

Senge ne s’arrête d’ailleurs pas aux organisations : il considère que la pensée systémique peut nous aider à développer de nouveaux mécanismes cognitifs et ceux -ci nous serviront à résoudre les problèmes de plus en plus complexes.

Le tout est supérieur à la sommes des parties

Ce mode de pensée s’oppose également à la rationalité analytique, héritière de Descartes. Selon le philosophe, toute réalité est décomposable en petites unités. Tandis que les théoriciens de la complexité considèrent que les phénomènes sont toujours globaux.

Pour eux, le tout est supérieur à la somme des parties. Nous sommes toujours confrontés à des phénomènes qui devraient être analysés dans leur globalité.

Comment apprendre à penser de manière globale ?

L’agence Grain’s a créé un livret pédagogique et récréatif pour s’initier à la pensée systémique.

Le carnet de pensée systémique

Le livret est organisé en 2 parties. Dans la 1ère partie, vous découvrirez les lois de la pensée systémique de manière ludique. Le format graphique a été conçu comme des Dingbats, jeux d’expressions à découvrir. 

Dans la seconde partie, vous devez vous équiper d’un crayon de bois et d’une gomme pour analyser un problème à travers les différentes caractéristiques de la pensée systémique qui se résument en 4 points : Complexité, interaction, globalité et système.

Complexe ne veut pas dire compliqué

La complexité signifie ce qui est lié.

Complexe ne veut pas dire compliqué… Ce qui est complexe tient à la fois au nombre de ses éléments, à leurs liens entre eux et à la nécessité d’avoir besoin des autres pour résoudre un problème complexe. Ce concept renvoie à toutes les difficultés de compréhension (flou, incertain, imprévisible, ambigu, aléatoire) posées par l’appréhension d’une réalité complexe et qui se traduisent en fait pour l’observateur par un manque d’information (accessible ou non).

Par globalité, on entend d’abord celle du fameux le tout est plus que la somme de ses parties.

Autrement dit, un système ne réside pas dans l’addition de ces dernières mais consiste précisément dans leur organisation. Aussi, l’analyse de chacune des parties, prises isolément, ne permettra pas de comprendre le tout. Avec le concept de globalité, on parle aussi d’émergence : ce qui émerge du tout est une donnée à prendre en compte.

L’interaction sera tout aussi central.

Il prend en compte les liens entre chaque élément d’un problème et les effets d’une composante par rapport à une autre. En prenant en compte, les interdépendances, on ne raisonne plus pour trouver des causes figées dans le marbre. Les causes peuvent évoluer avec leurs effets et inversement. Cette notion implique d’accepter que tout est en perpétuel mouvement.  

L’organisation est synonyme de système, le concept central de la systémique.

L’organisation est à la fois un ensemble d’éléments et un processus dans lequel les éléments évoluent et interagissent entre eux. Ce qui est particulièrement intéressant réside ainsi dans le fait que le concept d’organisation recouvre à la fois la notion d’état et de processus.

Quels bénéfices pour mon organisation et pour moi ?

La pensée systémique permet de comprendre le système dans sa globalité, de percevoir les interrelations, ce qui donne une vision globale pour mieux comprendre les phénomènes d’interdépendance, de processus de changement et de complexité.

Pour moi, c’est une opportunité de :

-Développer de nouvelles compétences cognitives

-Résoudre des problèmes complexes

-Améliorer mon mode de fonctionnement et de changer des routines de travail (patterns)

Pour mon organisation, les avantages sont de :

-Développer de nouvelles compétences cognitives de manière collective

-De résoudre des problèmes complexes

-D’améliorer les processus internes et de changer des routines de travail (patterns)

-D’avancer concrètement sur le modèle de l’organisation apprenante

Avant de s’engager… La pensée systémique demande un effort de concentration et d’attention

La pensée systémique est un mode de raisonnement qui nécessite un peu d’effort de concentration et d’attention. Son appropriation demande du temps. Mais autant commencer le plus rapidement possible.

Et si je développais des métacompétences en 2021 ?

Avec la crise du Covid et la montée en puissance du numérique dans le monde du travail, de nouvelles compétences deviennent stratégiques.

Plusieurs articles du magazine Harvard Business Review plaident pour faire évoluer la définition du mot compétence. On peut observer de nouvelles approches la définissant comme étant une capacité à agir dans un contexte particulier et s’adapter à des situations complexes.

A ce titre, des articles récents explorent d’autres champs, en apportant de nouvelles catégories comme les métacompétences. En voici quelques-unes : la pensée critique, le raisonnement systémique, l’agilité numérique, la résolution de problèmes, la réflexivité.

A quoi servent ces nouvelles compétences dans la vie professionnelle ?

Dans cet article, nous vous proposons d’apporter un éclairage et des pistes de travail pour doter vos organisations de nouvelles compétences collectives et cognitives. 

La nouvelle catégorie des métacompétences

Les compétences métiers existeront-elles encore demain ? Il est légitime de se poser la question, avec la place qu’occupe aujourd’hui les outils numériques dans le métier. Certaines compétences appartenant à mon métier sont aujourd’hui réalisées par des machines, plus ou moins intelligentes. Ces machines calculent plus vite qu’un humain, peuvent résoudre un problème à ma place comme les mises à jour automatiques de mes logiciels ou peuvent répondre à des visiteurs sur mon site web dans une messagerie instantanée.

Selon le Harvard Business Review, on prédit que le métier dépendra du contexte professionnel (le projet d’un client, par exemple), socio-économique, sanitaire, démographique, environnemental ou encore technologique. Tous ces paramètres déterminent et façonnent déjà mon activité.

Pour de nombreux indépendants et de salariés, les catégories de compétences varient en fonction des situations de travail : par exemple quand je consulte ma messagerie, j’utilise une compétence technique mais elle est conditionnée à une analyse critique de l’information, notamment dans la suppression des spams.

Certaines compétences peuvent avoir une influence sur d’autres compétences, on parle dans ce cas de métacompétences. Les méta-compétences sont des compétences permanentes acquises de façon totalement autonome. Elles permettent d’acquérir d’autres compétences analytiques ou techniques. Afin de les développer, un individu doit investir plus d’énergie et d’attention que dans les tâches routinières ordinaires.

Pour mieux comprendre ce qu’elles sont, nous allons décrypter 5 métacompétences, parmi celles qui existent.

La pensée critique, une compétence fondamentale pour construire sa connaissance sans automatisme

L’esprit critique est une compétence parfois difficile à cerner au quotidien et pourtant nous l’utilisons sans nous en rendre compte : rechercher une information sur le web, identifier un message frauduleux ou lire d’un article en vérifiant la source d’information.

La pensée critique peut être considérée comme le début d’une action comme par exemple quand nous apprenons : on analyse et on évalue une information afin d’améliorer ses pratiques.  Pour comprendre une information, nous pouvons nous poser des questions ou la reformuler.

L’esprit critique sert à ouvrir son esprit, à identifier ses croyances, ses dogmes, ses modes de raisonnements courants.

Pour vous accompagner à identifier les croyances ou certains dogmes, l’agence Grain’s a créé une affiche pédagogique sur les schémas mentaux. Ce poster comporte 3 techniques pour vous guider dans ce travail d’identification des modes de raisonnement récurrents, voire automatiques, qui peuvent être dans certains cas, des sources de résistance au changement. 

La pensée systémique, une compétence cognitive pour la prise de décision et le fonctionnement en mode projet

Encore une compétence considérée comme complexe et trop peu développée. Pourtant, si nous regardons la réalité dans laquelle nous évoluons, tout est une histoire de système : le vivant est un système, les organisations de travail sont des ensembles systémiques, qui interagissent entre eux.

La pensée systémique est le mode de raisonnement à privilégier pour résoudre des problèmes complexes. Elle peut aussi servir à analyser l’impact d’une décision et dans un même temps, d’analyser les effets sur la nature du problème initial. Ce qui est rarement fait dans les processus de décision.

La complexité fait partie de notre quotidien. Le raisonnement systémique devrait l’être aussi.

L’agence Grain’s a conçu un carnet d’exercices pratiques pour s’exercer à la pensée systémique. Cet outil pédagogique ludique peut être d’une grande aide pour s’initier à la résolution de problèmes complexes.

L’agilité numérique, une compétence garante de la confiance que nous accordons aux outils et aux individus

Être agile dans l’utilisation des outils numériques n’est pas qu’une question d’équipements. L’agilité comprend la connaissance du fonctionnement d’un moteur de recherche, notamment avec l’usage de booléens. Ce sont par exemple les guillemets que l’on place entre les mots clefs pour qualifier une recherche d’informations. Cette compétence couvre également la compréhension des algorithmes des réseaux sociaux dans une démarche de E-reputation et éviter des frustrations inutiles ou de prendre conscience d’être absorbé (par exemple sur des notifications).

L’agilité numérique devrait être un pré-requis au télétravail et aux perspectives de travailler en mode hybride, en présentiel, en distanciel ou dans des espaces de coworking.

Plus vous êtes agile dans les usages numériques, plus vous reprenez le contrôle… Vous prenez conscience de la part d’attention qu’ils occupent dans un emploi de temps. Ce qui permet pour les organisations de mettre en place de nouveaux modes de régulation sur l’utilisation des outils collaboratifs, comme Teams ou Klaxoon, voire de nouveaux métiers comme celui de manager de la collaboration ou coach de prévention des distractions.

La résolution de problèmes, une compétence anglosaxonne qui gagne du territoire en France

La capacité à résoudre des problèmes est utile dans bien plus de domaines qu’un devoir de mathématiques. La pensée analytique et les compétences pour résoudre des problèmes sont exigées dans bien des emplois allant de la comptabilité à la programmation informatique en passant par les enquêtes policières et des activités plus créatives telles que l’art, le théâtre et l’écriture.

D’après l’étude du World Economic Forum publiée en 2020, la résolution de problèmes fait des top 10 des compétences transversales (Soft Skills).

La résolution de problèmes complexes consiste à appliquer des méthodes d’idéation (comme la méthode SCAMPER) et à utiliser l’imagination pour concevoir des solutions intelligentes aux problèmes.

L’automatisation des taches simples rend notre cerveau un peu fainéant face à la complexification de certains travaux. Penser autrement avec des méthodes d’idéation peut être trés utile sur des projets complexes pour éviter les erreurs de raisonnement ou les raccourcis trop faciles.

La réflexivité, une aptitude qui prend forme dans l’AFEST

La réflexivité est un processus cognitif qui consiste à prendre du recul sur son mode de fonctionnement ou sur ses routines de travail. De nombreuses recherches en sciences sociales ont tenté de définir la pratique réflexive. On parle également d’écriture réflexive. Il s’agit d’un exercice pédagogique dans lequel un apprenant rédige toutes les étapes qui ont mené à réaliser la tâche demandée. 

En formation, la réflexivité est pratiquée lors de la rédaction des dossiers professionnels pour l’obtention de titre RNCP. Les apprenants rédigent un rapport en décrivant leur processus de travail.

La réflexivité est connue aujourd’hui avec la formation en situation de travail (AFEST). Elle constitue une des étapes de la formation, dans laquelle le salarié réalise une analyse sur sa pratique et détermine les écarts entre ce qu’il sait faire et ce qu’il devrait être fait.

La réflexivité est également un formidable levier pour développer de nouvelles postures et d’identités professionnelles, notamment pour devenir un référent ou un tuteur AFEST au sein de l’entreprise.

En 2021, misons sur des compétences cognitives pour redessiner de nouveaux métiers.

La crise du Covid a modifié la vision que nous avions sur ce que devrait être un savoir-faire ou un savoir-être dans des contextes difficiles et complexes. Auparavant, les organisations définissaient des profils en vue d’exercer un métier dans un environnement stable.  

Dorénavant, un individu devra être capable d’agir en fonction d’un contexte précis.

Le contexte sanitaire a eu des conséquences sur les processus métiers internes comme les services formation. Des sessions ont été organisées dans les 15 jours pour répondre à une situation de travail problématique.

On peut espérer que l’expérience vécue durant la crise du Covid amènera à miser sur le potentiel de chacun pour permettre de développer soit en formation, soit de manière autonome, des compétences comme la créativité ou l’attention.

En attendant, chacun peut commencer à entraîner son cerveau et à mobiliser un nouveau socle de compétences pour être en capacité de réagir, quel que soit l’avenir.